Philosophie

Publié le par Severin

    Je vais essayer dans les lignes qui suivent de définir la philosophie selon deux optiques. Tout d'abord une définition générale, de telle sorte que nous trouvions un consensus (et que cela puisse servir aux élèves ou aux étudiants qui auraient la bonne idée de venir visiter ce blog) ; ensuite une définition toute personnelle (sous le titre : Philosophie (2)).
    Mais avant tout : l'étymologie. Nous trouvons le terme Philein (le verbe aimer) et Sophia (le nom sagesse). Le philosophe est, strictement, un ami de la sagesse.
    Le verbe aimer renvoie au désir. L'acte philosophique serait une quête amoureuse. Tandis qu'il faut comprendre la Sophia en deux sens : Un savoir et une éthique, autrement dit une théorie (theoria) et une pratique (praxis).
    
    La tradition attribue la paternité de ce terme à Pythagore (582-500 av. J.-C.) qui aurait renoncer à se dire sage, pour n'être plus qu'un ami de la sagesse.

    La Sophia :
    1/ Un savoir : Une théorie, une connaissance (theoria). Est-ce donc la notion de savoir ou de sagesse qui doit prédominer ? Le sage (Sophos) est-il celui qui sait des choses ? Est-il celui qui possède une grande culture, une culture encyclopédique ? Une érudition à toute épreuve ? Une connaissance impressionnante ?
    Solon, le législateur d'Athènes (VIIe-VIe siècle), l'un des Sept Sages, emploie le mot sophiê pour désigner l'activité poétique, qui est le fruit de longs exercices et de l'inspiration des Muses. Vraisemblablement ici, nous trouvons l'idée de contemplation qui préside à la connaissance. Car la sophia, en tant que savoir, implique une contemplation, un recul, une distance à prendre sur les choses avant de se prononcer.

    2/ Une Ethique : Une pratique, un savoir-faire (praxis). Pierre Hadot écrit : "Le savoir est au fond un savoir-faire, et le vrai savoir-faire est un savoir-faire le bien" (Qu'est-ce que la philosophie antique ?, p. 39).
    Dans l'Iliade, Homère parle du charpentier qui s'y connait en toute sophia, par la grâce de la déesse Athéna. Ici, il est fait référence à des activités et à des pratiques qui sont soumises à des mesures et à des règles, et qui supposent un enseignement et un apprentissage, qui exigent aussi le concours de la grâce divine.

    Il s'agit à présent de définir l'éthique, toujours dans le monde grec.

    L'éthique :
    C'est la partie de la philosophie qui traite du bien vivre. L'éthique est le prolongement du vrai savoir ; elle s'interroge sur les valeurs. Elle a pour objet les jugements d'appréciation s'appliquant à la distinction entre le bien et le mal.
    Selon les penseurs grecs il existe trois mode d'existence : 
    a/ La vie selon l'impératif du plaisir et du désir.
    Cette éthique reste dans les limites du respect d'autrui. Lz question est : Comme être heureux en tant qu'être social ? Le désir, en effet, est le propre de l'homme, comme le montreront quantité de philosophes, à commencer par Platon, mais aussi Augustin, Spinoza, Freud, etc. Aussi ne faut-il pas dénigrer le désir en tant qu'essence de l'homme, ni le redouter.
    b/ La vie politique.
    Il s'agit de tous ceux qui prennent plaisir dans le fait d'avoir des responsabilités dans la cité. Tous ceux qui jouissent du pouvoir. Il est nécessaire qu'il y ait de telles personnes dans la cité. Mais, Platon le démontre, le pouvoir corrompt, ou exacerbe la corruption. Il est difficile d'administrer correctement les affaires de la cité. Platon fut amené à reconnaitre que toutes les cités, à son époque, avaient un mauvais régime politique. C'est pourquoi, plus tard, il essaiera de jouer un rôle politique à Syracuse.
    c/ La vie théorétique.
    Tous ceux qui prennent plaisir dans la connaissance pure : les penseurs, chercheurs, artistes, etc. C'est un mode vie contemplatif. Pour Aristote la philosophie consiste dans un mode vie théorétique. Mais "théorétique" n'est pas "théorique". dans notre langage, théorique s'oppose à pratique, de même qu'abstrait s'oppose à concret. Selon Aristote, théorétique s'applique à une philosophie mise en pratique. D'une part, ce mode vie est un mode de connaissance qui a pour but le savoir par la contemplation ; et d'autre part, le mode de vie qui consiste à consacrer son existence à ce mode de connaissance. C'est une philosophie pratique et vécue que la vie théorétique.
   

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